Elle se tenait devant son miroir. Silouhette élancée témoignant le reste d’une beauté ravageuse qui jadis avait fait trébucher son cœur. Elle se regardait, me regardait, caressant sa chair tendre d’enfant, parsemée d’ecchymoses. Elle me regarda, me lanca un petit sourire hésitant, tremblant, à peine visible, cherchant à me rassurer.
Mais nous savions toutes les deux que je ne pouvais pas me taire. Que ses sourires timides n’apaiseront jamais ma colère.
Je savais qu’elle guettait son retour. Ses pas ne tarderont pas à franchir le seuil de leur chambre, à effleurer son corps. Ils ne tarderont pas à lui piétiner le cœur, à lui piétiner le corps.
Je la regarde. Je la défie du regard. Je la supplie de renoncer à cet amour illusoire qui lui laisse le coeur en miettes et l’âme en lambeaux. Je la supplie de tout plaquer, de tout quitter. Je saurais la consoler, essuyer des larmes qui il a toujours fait couler.
“- Mettons fin à ce calvaire. Je serais la plus forte des deux.”
“-J’essayerai, me lança-t-elle avant de courir se jetter dans ses bras.”

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